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SIpublic.info - mars 2013 - Données de santé : un data center "made in Breizh"

Cet article consacré à l'offre du SIB en matière d'hébergement de SIH et de données de santé est paru le 13 mars 2013 sur le site web spécialisé SIpublic.info .

Le syndicat inter-hospitalier de Bretagne vient de moderniser son data center. L'obtention de l'agrément d'hébergeur de données de santé à caractère personnel a conditionné le niveau d'équipement. Des serveurs, en pleine propriété, accueillent les applications tandis que des machines en location permettent de répondre, à flux tendu, aux nouveaux besoins des 200 adhérents.

SIpublic.info - mars 2013

A l'Ouest, du nouveau pour les données de santé ! Le Syndicat  Interhospitalier de Bretagne (SIB) a inauguré le premier data center public agréé pour l’hébergement de données à caractère personnel du  Grand Ouest, sur son implantation de Rennes Atalante Villejean. Hébergeur d’applications administratives depuis plus de 15 ans et acteur de la télésanté depuis 10, le SIB élargit son offre qui va désormais de  l’hébergement technique jusqu’à l’infogérance applicative des progiciels qu’il édite ou diffuse auprès des hôpitaux. Objectif : "industrialiser, marcher vers la virtualisation, mutualiser pour avoir  les meilleurs coûts". L'investissement atteint 1,2 million d'euros pour  les bâtiments, les équipements électriques, informatiques et réseaux. Originalité du montage financier, un partenariat avec Dell permet de limiter le risque commercial en fonction de la demande pour la nouvelle activité d'hébergeur : la location de nouveaux serveurs est  possible en une quinzaine de jours.

Redondance

"Nous avons fait un data center le plus redondant possible, avec nos  moyens financiers qui ne sont ni ceux d'une banque ni ceux d'une  multinationale !", justifie Daniel Corre, responsable du département infrastructure et hébergement au SIB. Le précédent centre de calculs remontait à 1993 et n'offrait plus assez de sécurité pour héberger des données de santé car il était sans autonomie énergétique, avec une climatisation et des onduleurs anciens, dont personne ne fournissait plus les pièces.

" nos moyens financiers ne sont ni ceux d'une banque ni ceux d'une multinationale ! "

Aujourd'hui, " tous les équipements sont redondés : climatisation,  sécurité physique, serveurs, réseaux électrique et fibre optique",  explique le directeur technique Robert Crépeaux. Le Data Center Tier 3+  compte deux circuits électriques (mais un seul abonnement), une armoire de distribution et deux alimentations dans chaque baie. En cas de coupure provisoire, un groupe électrogène (de 440 kVA) prend le relai en  moins de 20 secondes.

Evolutivité

Le data center dispose de deux "cold corridors". L'air est refroidi par de l'eau glacée : l'air de la salle est repris à 26°C. Le système est refroidi par l'air extérieur quand celui-ci a une température inférieure à 9°C, ce qui entraîne un gain énergétique de l'ordre de 20 à 30% par rapport à une climatisation classique. Le câblage est en fibre optique, avec trois opérateurs différents, sur deux réseaux de génie civil. Actuellement, les débits entre le cœur et les baies atteignent 1 Gbit/s mais pourraient monter jusqu'à 10 voire 40 Gbit/s. Les serveurs dans les baies ont des doubles attachements électriques comme en fibre. En fonction des applications, ils sont également redondés, surtout pour ceux qui servent à la virtualisation.

"le data center compte une centaine de serveurs"

"Actuellement, le data center compte une centaine de serveurs mais  nous pourrions en accueillir jusqu'à mille et passer de 16 baies à  une quarantaine", détaille Daniel Corre. "Aujourd'hui, nous disposons de deux cold corridors parce que nous démarrons mais nous en aurons 6 à terme ce qui permet de multiplier la puissance de calcul par 5", ajoute  Robert Crépeaux.

Location

Le data center a été dimensionné pour héberger plus de la moitié des adhérents, soit une centaine de systèmes d’informations hospitaliers  (SIH) ainsi que 2 Pétaoctets de données et d’images. Pour Elisabeth Le Boitée, responsable qualité et SI du SIB, il est important de "procéder au remplissage en serveurs et au stockage des données de façon dynamique avec une forte réactivité, à flux tendu par rapport aux demandes des clients". Il n'y a pas ainsi à immobiliser d'investissement dans des machines sous-utilisées. Pour répondre à cette nécessité, un appel d'offre a été lancé, début juin dernier, sur "la fourniture de  matériel informatique et services associés". Il concerne, d'une part, l'équipement en serveurs, baies de disques et postes de travail et, d'autre part,

"l'accès au catalogue du fournisseur avec des remises inscrites dans la réponse à l'appel d'offres"

"l'accès au catalogue du fournisseur en dehors de ces configurations  précises, avec des remises inscrites dans la réponse à l'appel  d'offres". Avec deux solutions : en acquisition et en location. Trois  fournisseurs ont répondu. Dell a remporté le marché, notifié fin  juillet. Ce marché à bons de commande est sans minimum "ce qui est plus  risqué sur le fournisseur", reconnaît le SIB. La réponse pour  l'acquisition se fait sur un bordereau de prix unitaire pour les  différents matériels spécifiés, avec un document quantitatif sur lequel  le SIB ne s'engage pas. Pour la formule en location, un bon de commande  est passé à Dell qui fait appel à la société de financement CHG  Meridian. Le marché est conclu pour 4 ans. "Un vrai partenariat pour lequel la problématique est plus commerciale que technique", résume Emmanuel Canes, manager santé chez Dell.

Agrément

Dès la signature d'un contrat avec un nouvel établissement, le SIB  commande des serveurs supplémentaires en location. "L'élément important est que le délais d'approvisionnement en serveurs se fait en deux  semaines. C'était l'un des critères de notation pour le choix du prestataire, représentant 30% de la note finale", rappelle Elisabeth Le Boitée. Techniquement, le SIB peut héberger tous types de solutions : évidemment celles qu'il édite (SILLAGE), les solutions privées ou publiques dont il est déjà distributeur (20 établissements  hébergés sur OSIRIS, par exemple) et, enfin les solutions infogérées par n'importe quelle autre prestataire. "En terme d'hébergement nous sommes  très œcuméniques !", insiste Robert Crépeaux. Le SIB a aussi décroché deux agréments du ministère de la Santé pour héberger des données de santé à caractère personnel. Pour Claudie David, responsable  du pôle télésanté & hébergement de données de santé du SIB, "savoir  qu'on allait opérer des données très sensibles a enrichi le cahier des  charges". Le choix d'un cold corridor dédié aux données de santé, la problématique de la volumétrie (stockage d'images) et le rôle de garant de la confidentialité du médecin hébergeur ont dicté un cadre technique  plus exigeant.

"les établissements ne confient plus seulement les RH et la finance ou la GED"

"Les établissements ne confient plus seulement les RH et la finance ou la GED mais l'activité démarre sur les applications des données de  santé", se réjouit le directeur technique Robert Crépeaux. Parmi les premiers clients : les hôpitaux de Vire, La Ferté-Macé, Lamballe et des signatures avec de plus gros établissements en cours de finalisation. Dans la concurrence "feutrée" qui s'amorce sur ce secteur des données de  santé, le data center évolutif du SIB semble prêt. Pas seulement pour répondre aux besoins des établissements bretons mais bien pour le Grand Ouest, voire au plan national...

 © sipublic.info  M. Luc Derriano