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Le Télégramme - 7 janvier 2012 - Soins de suite. Meilleure régulation en vue

Cet article paru le 7 janvier 2012 dans le journal quotidien le Télégramme  présente les évolutions dans les admissions en SSR au Pays de Cornouaille (29), amenées par ALFA LIMA Orientation .

Soins de suite. Meilleure régulation en vue

Comment mieux réguler les soins de suite et de réadaptation en Cornouaille ? L’Union hospitalière de Cornouaille envisage une cellule unique, et s’appuie déjà sur un logiciel très réactif. L’Assurance maladie, elle, veille aux bonnes pratiques.

Le Télégramme -  7 janvier 2012 - Soins de suite. Meilleure régulation en vue. ALFA LIMA Orientation

Centre Jean-Tanguy (Saint-Yvi). La cadre de santé Sylvie Lamot consulte, sur son ordinateur, la liste des demandes d’inscription en soins de suite et de réadaptation (SSR). Une dizaine de nouvelles requêtes s’affichent. Elles proviennent toutes de services de médecine et chirurgie du centre hospitalier de Cornouaille (Chic).
Quelques clics lui permettent de découvrir, en temps réel, une sorte de photographie précise de l’état de santé, des prescriptions, du degré d’autonomie, de l’environnement social des patients concernés… Elle visualise également la liste des centres sollicités ainsi que leurs réponses favorables, défavorables ou en attente et les motivations qui ont dicté les choix. Immédiateté et transparence ? « Oui, on gagne en qualité d’information, en réactivité, en anticipation, à condition que tout le monde joue le jeu », répond-elle.

 Jusqu’à 15 à 20 patients par jour

Sylvie Lamot s’est en fait connectée à « Alfa Lima Orientation », un logiciel récent spécialement dédié à la régulation des flux de patients entre les structures de court séjour du centre hospitalier de Cornouaille et les unités de SSR environnantes. « En gros, il faut que l’on ait le bon malade, dans le bon lit, pour la bonne durée, en rendant le service de proximité au patient », résume André Pochet, directeur du centre Jean-Tanguy, géré par l’organisme privé à but non lucratif Ugecam, et référent du projet SSR à l’Union hospitalière de Cornouaille. « Cet outil, qui est vraiment l’expression des besoins de terrain des professionnels, s’inscrit dans la volonté de mieux réguler. Pour le moment, il permet une orientation plutôt polyvalente, il nous faut affiner vers une orientation par filières », éclaire-t-il.
« Chaque jour, sur le territoire, jusqu’à 15 à 20 patients doivent être admis vers un SSR polyvalent, neurologique ou gériatrique, hors rééducation. Ces patients doivent être aiguillés vers Quimper, Douarnenez, Pont-l’Abbé, Saint-Yvi et Bénodet. On constatait qu’on perdait beaucoup de temps dans le choix et dans le tri », rapporte André Pochet.
« Pourquoi perdre du temps dans le choix quand on sait qu’à partir d’un moment il n’y aura plus de choix, particulièrement en phase de  suroccupation chronique du Chic », interroge-t-il ? D’autant que ce temps perdu se doublait d’« une défiance inexacte à l’analyse : le voisin prenait toujours le meilleur malade », assure-t-il.

Cellule territoriale et filières

« L’idée, c’est donc de mettre en place une cellule territoriale de régulation. Au lieu d’avoir cinq ou sept cellules d’admission dans chaque établissement public et privé, on en aurait une commune, avec un médecin et une infirmière coordinateurs, une assistante sociale, un secrétariat… Ça devrait coûter moins cher », expose-t-il.
Comment se concrétisera l’orientation par filières ? « La priorité, c’est le respect du choix du patient, la proximité, étant donné qu’on s’adresse souvent à un public âgé, avec toute l’émotion suscitée par une hospitalisation. Et on fait le lien avec la spécialisation. Par exemple, pour les suites d’accidents vasculaires cérébraux, on oriente déjà vers la clinique des Glénan à Bénodet (20 lits dédiés). C’est la meilleure chance de récupération pour le patient. À Jean-Tanguy, c’est plutôt les soins de suite polyvalents et la gériatrie. Chacun a un peu ses spécialités, même si Douarnenez fonctionne seul », illustre André Pochet.
Cette approche va dans le sens de la création envisagée de véritables filières de soins à l’échelle de l’Union hospitalière de Cornouaille. Elle recèle un autre intérêt pour le directeur de Jean-Tanguy: « Si on trouve rapidement des solutions pour lespatients dont les conditions sont réunies, on peut se concentrer sur des cas plus difficiles : des patients socialement défavorisés, aux pathologies lourdes ».

Quarante lits de Quimper à Saint-Yvi

Le schéma, qui reste à discuter avec l’ensemble des acteurs privés, devrait aussi s’accompagner d’un glissement des 40 lits quimpérois de soins de suite, du centre hospitalier de Cornouaille vers le
centre de convalescence de Saint-Yvi, à mi-chemin entre Quimper et Concarneau. « Nous envisageons de passer de 90 à 130 lits en 2015. Ça se traduira par une extension neuve et une remise à  niveau totale de l’établissement (9 M¤) », résume le directeur de Jean-Tanguy.
« On en profitera pour anticiper les dix ans à venir, dans la perspective entamée du vieillissement de la population. Ici, la moyenne d’âge des patients est passée de 70 à 78 ans », signifie-t-il.Le dossier va être prochainement transmis à l’Agence régionale de santé. Parallèlement, le Chic projette de réorienter la rééducation neurologique et traumatologique vers son site de Concarneau.
En attendant, une autre cadre de santé, Catherine Naviner, du service dermatologie de l’hôpital quimpérois, confirme que le logiciel constitue « un excellent outil d’aide à la prise en charge, car en rendant plus lisible la situation des patients, il contribue à favoriser les conditions d’une meilleure récupération, puis d’un retour à domicile, où ils seront bien mieux ».

Bruno Salaün

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